P comme Pascale

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dimanche 4 novembre 2007

Envy

J’ai toujours pensé que la musique avait ça d’important qu’elle était le seul art maitrisé par l’être humain qui arrive à le dépasser lui-même. La peinture demeure représentation ou refus de représentation mais a toujours un référent matériel. L’architecture est concrètement conçue à l’échelle humaine. Mais la musique, elle, se distingue de tous les autres arts.

Une mélodie est à jamais insaisissable, se déroulant de manière invisible dans le temps, et pourtant une mélodie peut prendre tant de pouvoir dans l’espace et en nous que nous avons le cœur au bord des lèvres. Un “air” porte bien son nom puisqu’il est à la fois impalpable et transparent, mais nous y sommes sensibles. La musique est une chose si surréaliste qu’il parait même étrange que nous en soyons les producteurs.

Je m’emballe, je m’emballe… Mais si je vous raconte tout ça, c’est simplement parce qu’Envy m’a offert ce soir une preuve supplémentaire de ce statut supérieur de la musique.

Envy, c’est un groupe de hardcore / post-rock japonais (je sais, encore des japonais…). Ne grimacez pas à l’appellation hardcore, leur musique n’a rien à voir avec une soupe innommable de sons avec renfort de décibels superflus…

Prenez cinq jeunes hommes. Tous sont habillés de manière cool mais simple. En installant leur matériel, ils n’adressent que des regards furtifs et timides à la salle. L’un des guitaristes fait songer à un enfant tant il parait mince et fragile, impression renforcée par ses grands yeux noirs et ses cheveux en bataille. L’autre guitariste semble le plus à l’aise, sa voix est forte et franche (comme sa poignée de main, ce que j’apprendrai aux dépends de mes phalanges à la fin du concert). Le batteur fume sa cigarette nonchalamment, le visage sérieux mais détendu. Le chanteur porte une casquette surmontant un visage plutôt rond. C’est celui qui a le moins le look de l’emploi. Et enfin, il y a le bassiste, son t-shirt laissant apparaitre les extrémités d’un tatouage qui semble orner tout son torse.

Des musiciens comme des milliers d’autres. Oui, mais seulement en apparence. Parce qu’une fois leurs instruments en main, ce ne sont plus des jeunes hommes que j’avais devant moi, mais des anges…

Leur musique les habitait littéralement, n’importe qui posant ces yeux sur eux pendant qu’ils jouaient n’aurait pu avoir que cette pensée : “ils sont si beaux”. Et cette beauté était contagieuse, tout le monde en était touché.

Alors que je les écoutais, je me suis dit que pour produire des choses pareilles, l’homme devait forcément avoir une âme, quelque chose de profond en lui. Je pensai aussi que tant que le monde abriterait ce type de beauté, alors il en vaudrait la peine.

Je suis crevée, morte, claquée, alors j’écris des lignes décousues qui ne pourront pas rendre justice à ce groupe… Le récit que je fais du concert passe surement pour une espèce d’expérience mystique de seconde zone, mais je vous promets, il fallait être là pour le sentir, c’était un truc très fort.

Si vous voulez faire un premier pas vers eux, je vous conseille soit l’album “Insomniac Doze”, soit celui qui sortira le 7 novembre prochain sous le titre “Abyssal”. Ce sont des chefs d’œuvre ! Je vous mets ici dessous deux vidéos (un live d’une de leur plus belle chanson et un clip), “A warm room” et “Scene”, jetez-y un coup d’œil.

Alors je sais, le chanteur crie plus souvent qu’il ne chante, mais il y a beaucoup une question de se faire l’oreille. Il ne s’agit pas ici de cris agressifs, on dirait plutôt une sorte de désespoir ou de mélancolie. Pas de trip dark cliché ici, tout demeure en finesse, avec des moments violents toujours mélodiques, traits qui prouvent (si c’était encore à faire) la sensibilité musicale nippone si particulière.

Moi-même, avant le concert, je n’écoutais Envy souvent que d’une oreille distraite, et peut-être sera-ce votre cas, ou pire, les détesterez-vous. Mais gardez-les dans un coin de votre mémoire, et si un jour ils passent près de chez vous, faites l’effort d’aller voir ces cinq messieurs. Personne ne pourrait être totalement déçu, c’est une expérience à vivre.

Comme lu quelque part sur internet : “Envy, quand ils sont calmes, réalise la plus belle musique du monde. Et quand ils s’énervent…”.


A Warm Room (on “Insomniac Doze”)

 

Scene (on “Insomniac Doze”)

 


Allez faire un tour sur leur Myspace pour une vidéo promo de leur DVD accompagnée de la 4iè piste de leur dernier album : tout simplement sublime !

samedi 3 novembre 2007

OLIVIA - Starless night

Flash nécessaire pour voir le lecteur.



I reached into the sky
思いは届かなくて
小さく空に消えた
色とりどりの風船

I'm alone
行き先のない 私の手を
そっとつないでくれた

Starless night
過去の影 振り返らない
感じたいあなたのぬくもり
Tears are falling down
迷っても離しはしない
つないだあなたの手を

Sometimes we fall apart
臆病になってしまうけど
きっと人はそこから
何かを見つけ出せるはず

Take my hand
脆く不完全な二人だから
ずっと手をつないでいる

* Starless night
唇が弱音吐いても
信じたいあなたのぬくもり
Endless love
矛盾さえ愛せてるのは
You are my shining star

Starless night
過去の影 振り返らない
感じたいあなたのぬくもり
Tears falling down
迷っても離しはしない
つないだあなたを

You are my shining star

I reached into the sky
My love wouldn't reach you
The multi-colored balloons
Disappeared into the sky, growing smaller and smaller

I'm alone
I had no destination
But you gently held my hand

Starless night, I won’t look back on the shadow of my past
I want to feel your warmth
Tears are falling down; even when I'm lost
I won't let go of your hand

Sometimes we fall apart
We become cowards
But surely we find something there

Take my hand
It’s because the two of us are fragile and imperfect
That we'll stay holding hands forever

Starless night, Though complaints may cross my lips
I want to believe in your warmth
Endless love, I can love even my faults
Because you are my shining star

Starless night, I won’t look back on the shadow of my past
I want to feel your warmth
Tears falling down; even when I'm lost
I won't let go of your hand

Starless night, Though complaints may cross my lips
I want to believe in your warmth
Endless love, I can love even my faults
Because you are my shining star

You are my shining star


vendredi 2 novembre 2007

Ikeuchi Aya

Ça avait simplement commencé par quelques affaires que je laissais tomber, par maladresse. On en riait tous ensemble. J’avais même failli envoyer une part de gâteau sur la tête de Papa un jour. C’est aussi durant cette période que je trébuchai de temps en temps, surtout quand je courrais pour attraper le bus de l’école. Depuis toute petite, je parvenais toujours à être en retard le matin. Maman, assistante médicale, avait souvent tendance à s’inquiéter un peu trop pour la santé de mes frère et sœurs, alors le jour où je me suis vraiment blessée à cause d’une nouvelle chute, elle m’emmena à l’hopital pour quelques examens, des radios. J’acceptais docilement : au moins elle me ficherait la paix après ça…

Une semaine plus tard, les résultats parvinrent au médecin. Une semaine plus tard, ma vie d’avant arrivait à son terme.

J’avais une dégénérescence spino-cérébelleuse. On m’apprit que mes chutes, mes maladresses, allaient empirer inexorablement. J’allai tout doucement avoir du mal à marcher. Je pouvais oublier le basket, mon sport favori. Un nombre incalculable de petits gestes quotidiens deviendraient impraticables pour moi : porter des objets, monter les escaliers, me laver les dents… Après la marche, la parole serait affectée elle aussi. Je me rendrais compte que les gens me comprennent de moins en moins. Tout évoluerait doucement en ce sens : blaguer, courir, faire les courses, aller aux cours, chanter, écrire, tout ça appartiendrait au passé. Mon futur ? Une chaise roulante puis un lit, des amis qui s’éloignent, une dépendance totale…

Pendant plusieurs jours, j’ai pleuré. Pourquoi est-ce que cette maladie m’avait choisie, moi ? Je n’avais que 15 ans…

Ce n’est qu’après que j’ai regardé autour de moi, senti le soutien de ma famille, de mes amis. Pour eux et pour moi, pour vivre le mieux possible, pour trouver un peu d’espoir, j’allais me battre, faire de mon mieux jusqu’au bout. C’est ce que je fis durant les 5 ans qui précédèrent mon décès.

Ceci aurait pu être écrit par la jeune fille dont j’ai vu l’histoire aujourd’hui. Vous vous dites surement que c’est on-ne-peut-plus mélo bon marché, mais pourtant, ça m’a fichu un sacré coup. De me mettre dans la peau de la jeune fille en question, de sa famille, de ses amis, j’avais l’impression de me rendre compte de certaines choses.

Finalement, chérir les moments qu’on a, ne pas se plaindre pour des futilités, apprendre à se poser et s’ouvrir à ce qu’il y a autour de soi, regarder le visage de ses proches et se dire qu’on les aime vraiment, se faire un sourire dans le miroir le matin, bosser pour ses rêves, apprécier ses gestes quotidiens, ce sont des clichés, de vrais bons gros clichés, mais qu’est-ce qu’ils sont vrais…

Je refuse de me cacher, de pas oser dire sous prétexte que je suis grande et que je devrais couper le cordon que mes parents et mon frère sont ce qu’il y a de plus cher à mes yeux, que je veux être près d’eux pour toujours. Je veux aussi pouvoir regarder mes amis dans les yeux, leur donner un coup de main dès que je peux, les garder pour vieillir avec eux. Je veux continuer à observer les paysages qui m’entourent tous les jours et me raconter leur beauté.

Je sais que sourire tout le temps, c’est pas possible. Il y aura bien un moment où je repasserai sur ces lignes, et je rirai jaune en me disant “qu’est-ce que je peux être débile”. Mais ce que j’écris là, je le sens résonner très fort en moi en ce moment, et si je peux conserver un part de ça rien qu’en essayant de l’écrire comme je peux, autant le faire.

En tous cas, j’espère que l’histoire de cette adolescente, comme d’autres, m’aidera à conserver une philosophie de vie optimiste et tournée vers ce qu’il y a de bon en moi et chez les autres…

L’histoire dont je vous parle ici est celle de Ikeuchi Aya. Elle a écrit un journal tout au long du combat contre sa maladie. Ce livre n’a pas encore été traduit en anglais, cependant, je vous donne ici deux liens offrant une partie de la traduction du japonais : ICI et ICI.

mercredi 17 janvier 2007

Dragon Ash - See You In A Flash

Bon, c'est pas que ce blog s'éloigne de sa vocation première, mais c'est tout comme...

Pour en revenir au regsitre musique, j'ai décidé de vous faire partager un de mes derniers coups de coeur : "See You In A Flash" de Dragon Ash. (Oui, c'est un groupe japonais, et je vous interdis de me traiter de monomaniaque !!)

Dragon Ash - See You In A Flash (via LJ)


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lundi 27 novembre 2006

Hyde - Faith

Je me creusais la tête en parcourant ma collection musicale : par quoi commencer ?

Si vous saviez le nombre de choses que je souhaite vous donner à découvrir, y a de quoi s'y perdre...

Je me suis arrêtée, et me suis dit "Alessa, ne cherche pas plus compliqué, commence par ton artiste préféré du moment". Seulement du moment ? Non... Plus que ça.

Hyde, bien sûr ! Pourquoi ne pas y avoir songé directement !

Quatre lettres qui résument ma grande folie de cette année, mon addiction avérée, et la crise de nerfs des gens qui vivent sous le même toit que moi. J'avoue que je l'écoute un brin trop souvent...

Son genre ? Le rock, principalement. Du J-rock, comme on dit dans le jargon. Eh oui, le monsieur est japonais (vous constaterez que je suis fan de pas mal de musiques nippones...), pourtant, à voir son joli minoi, on le croirait plutôt métisse. J'écris bientôt un bon gros billet "focus" le concernant, faisons plutôt place à la chanson sélectionnée.

Je vous offre ici "Faith", sixième piste de l'album éponyme, son dernier en date.
Difficile d'affirmer que ce morceau est spécialement représentatif de sa musique, notamment parce que l'homme en question s'essaye à pas mal de genres. Toujours est-il que vous pourrez vous délecter de sa belle voix profonde, et de son accent anglais assez... pittoresque !

Les points forts : l'intro, sans aucun doute, et la batterie pendant le pont. Ce qui est sûr, c'est que c'est une bonne entrée en matière pour découvrir le timbre de voix, des aigus au basses. Prêtez une oreille aux paroles, elles sont pas vides de sens, même si Hyde se prend un peu pour Jésus... Je crois que la modestie n'est pas sa première qualité, malgré l'immense admiration que j'ai pour lui.
Les points faibles : une chanson peut-être un brin trop répétitive.

Ma description est assez pauvre, mais la journée a été longue. Je serai plus adroite dans le futur.


Hyde - Faith (Via LJ)