Aaaah, Noël. Ce mot me remplit de nostalgie. Il y a un an encore, cette période avec fait naître en moi une inspiration d'écriture sans borne... Et oui, c'est si bon de coucher sur le clavier les doux souvenirs de réveillon en famille. Quoique "doux" n'est peut-être pas l'adjectif qui convenait le mieux au lignes que j'avais fait apparaître sur mon blog à propos de ma famille, étant donné qu'après lecture, j'ai subi une sentence de censure pour motif de "conservation de bonne entente".

Cette année donc, bonne résolution : "Alessa, tes parents proches ou éloignés tu ne stigmatiseras point."

C'est ça, être gentille. Voir le bon dans le monde. Voir le bon dans mes cousins ador... Non, vraiment là, je peux  quand même pas. L'esprit de Noël, c'est aussi la vérité, non ? Non. D'accord, c'est la bonté, l'indulgence...

Je me mets en situation mentalement pour mieux me préparer. Oui, c'est ça, le visage de mon plus jeune cousin maternel en face du mien. Son sourire caractéristique, subtil mélange de paternalisme agaçant et de "goguenardise"... Et voilà, je recommence...

Là, je sais ce que vous pensez : "Elle exagère." Et bien... vous avez peut-être raison.

Finalement, ce n'est qu'une soirée sur l'année. J'avoue qu'en y réfléchissant, la situation familiale est devenue à ce point extrême et surréaliste que c'en est même... drôle.

Pour donner une vue générale de la soirée, je peux vous décrire des grands classiques. Mon frère et moi-même en train de faire gober des couleuvres à notre jeune cousin. Le chien (Edit : tiens, il n'était pas des nôtres cette année, il m'a presque manqué) de ma marraine prenant un malin plaisir à sauter sur mes grands-parents dont les dons d'équilibristes se sont méchament fanés avec l'âge. La soeur de ma mère s'asseyant sur les genoux de tous les hommes présents sous l'influence d'un alcoolisme encouragé par l'ambiance festive. Maman nous jettant des regards désolés tout au long de la soirée comme pour s'excuser d'être née dans une famille aussi ... hétéroclite, disons. Mon plus grand cousin paradant avec son nouveau-né devant un public qui se penche sur lui avec des "gazou gazou" ridicules et autres onomatopées susceptibles de plaire aux bébés.

Quant à mon passage préféré, j'hésite... J'aime quand mon oncle commence à parler d'informatique. Non, pas parce que le sujet m'intéresse. Simplement parce que sous ses airs de grands connaisseurs, mon frère n'a aucun mal à le casser royalement en public, et voir sa tête dans ces moments-là, ça n'a pas de prix. J'aime aussi le risible de la FAMEUSE distribution des cadeaux. Elle répond à un code rituel très précis : les cadeaux se donnent un par un et chacun se doit de les admirer (surtout si ça vaut beaucoup d'argent, hum, le fric, miam) à force de "oooh" et "aaaah" faussement admiratifs. Autant vous dire que moi et le frangin faisons plutôt tâche avec nos disques durs ou nos livres.

Le mieux, c'est que cette année, nous avons l'honneur et l'avantage de passer le réveillon dans la maisonnée de la partie de la famille qui gangrène l'ambiance. Quel plaisir.

Et oui, finalement, je suis sûre que ça me manquera quand mes grands-parents ne seront plus là comme dernier trait d'union qui fait encore se rassembler cette famille qui ne se comprend plus...

Ou peut-être qu'un jour, je connaîtrai un Noël avec des personnes qui ont réellement envie de se retrouver. Oui, quitte à ne plus rien avoir à dire, je crois que ça me plairait...


EDIT : J'ai adouci le texte, pas à cause d'une quelconque censure cette fois, mais simplement parce que ce que je disais n'était même pas drôle, simplement plein de méchanceté. Plusieurs me l'ont fait remarquer, et ça m'a plutôt effrayée car c'était le défaut, avec l'égocentrisme, que je m'étais jurée de proscrire à jamais de ma personnalité.

J'en ai même oublié de vous souhaiter un joyeux noël à tous...